• NEIGE UN 1ER DE MARS

    IL NEIGE. Le 1er mars, me voici qui sors de mon lit, mets le nez dehors et un pied en Sibérie. Vous avez dit scandale ? Je réponds folie ! Madame météo, les cheveux plaqués par le gel, a-t-elle perdu la boule ? De neige, en mars il n’y a pas. Giboulée, nous dira-t-elle ? Elle est givrée, vite, à décongeler ! Je grommèle, eh quoi, il ne manque plus que de la grêle – vivement le dégel. Mars sous les flocons, sous le soleil, avril ne fond. Blanche, la cime des maisons ; blanches, les routes de Lyon ; bleues enfin mes articulations. Et dans les rames des trams en panne, nous chantonnons « quand te reverraiiii-je… pays merveilleux… » en jetant un oeil aux cieux. Jolie, la neige, pourtant. Paillettes, dans les yeux derrière les fenêtres. Mains qui se tendent, pieds qui glissent, au trottoir banquise voilà que je fais une bise. Et sur la terre, de nouveaux arrivants ! Bonhommes au sourire dentifrice frissonnants. J’en ai rencontré un fort coquet : « j’applique tous les matins de la poudreuse sur mes joues pour avoir un teint frais ». Immaculée, la ville, jolis, tous ces visages qui sourient. Finalement, je rentre chez moi, le nez glacé mais le coeur vivifié. Ah ! De la neige en mars… Il n’y a qu’un mot pour cela : audace !

    La Team Caracole

    Photo : Christophe Derumaux

  • GUIDÉS PAR THE LIGHTHOUSE

    Connaissez-vous Johnny ? Vous savez, ce vieil ami qui se met toujours dans de sales draps mais qu’on accueillera malgré  tout toujours chez soi ? Non ? C’est que vous n’avez pas encore découvert les chansons et l’univers de Yannick Owen ! Vendredi soir, nous nous sommes rendus à l’Origo pour les voir sur scène, lui et sa guitare, à l’occasion de la sortie de son premier EP : The Lighthouse.  Dans un de ces sous-sols chaleureux des bars de la Croix-Rousse, nous avons passé une soirée  folk et parfois country, à écouter les compositions pleines d’inventivitéet d’émotions de quelqu’un qui a des histoires à raconter. Et qui tient à les partager avec nous, quitte à  jouer avec les attentes du public ! « Je ne ferai pas de rappel ce soir, comme ça je suis sûr que vous reviendrez m’écouter ! », nous lance-t-il avec un petit sourire. Conteur et compositeur, rêveur et interprète, il n’hésite pas à laisser la scène à  d’autres styles et à d’autres voix pour varier les tons et les plaisirs. On devine, à voir tous ces visages qui gravitent autour de lui, une communauté de passionnés, qui osent croire qu’on peut aimer pleinement la musique sans s’interdire de rire, et d’en rire, peut- être. En somme, trois heures de concert qui sont passées pour nous en un clin d’œil, envoutés par des histoires aussi poétiques que décalées. Approchez, et laissez-vous charmer par la suivante : « C’est l’histoire de deux enfants, et d’un phare… »

    La Team Caracole

  • LYON DOES IT CHEZ MAMA WORKS

    Vous connaissez mamma mia ou la mama de la mafia, mais connaissez-vous Mama Works, le petit lieu de co-working à Lyon où développer de grands rêves ? Pour entrer dans ce sanctuaire chaleureux, laissez-vous guider par des traces de pas couleur soleil, au coeur du quartier qui se taille la part de Dieu. Vous entrez dans un espace convivial où les coussins chuchotent avec les canapés tandis que la déco originale et arti vous clame qu’il est temps de sortir de votre coquille et de vous ouvrir aux opportunités. Sophie Tran en a saisi une lorsque la respo évènementiel et partenariat du lieu lui a un jour proposé d’y co-organiser un événement pour promouvoir sa sélection 2018 de créateurs lyonnais. Ni une ni deux, la fondatrice passionnée de Lyon can do it, guide virtuel des petites-mains lyonnaises, a décroché son téléphone et sorti son carnet d’adresses. Nous sommes épatés par son sens de l’organisation ! La Team Caracole a trouvé de l’Audace à foison parmi les invités et les créatrices venues faire découvrir leur travail. Sophie a réussi à réunir une belle communauté d’artisanes et artistes du tout Lyon des Inspirations : ici une dessinatrice qui brode d’une plume bleue et aérée la silhouette de Fourvière, là une jeune femme douce et discrète qui cisèle le cuir pour confectionner bijoux et doudous. Il est possible que je me sois égarée ici et là… Sophie volète entre les exposantes et offre des sourires sans compter. Elle semble ravie : « l’évènement est vraiment super, et les créateurs au top ! On sent beaucoup de convivialité, dans ce cadre cosy qui se prête bien au jeu ! » Les créatrices papotent entre elles et avec les curieux dans une atmosphère posée, on se sent bien. En bref, pour Sophie, la mama de l’événement, un slogan : Lyon does it !

    La Team Caracole

  • LE MONDE SAUVAGE A LA MAISON

    Vendredi dernier, nous étions au vernissage de la série photographique intrigante « Sauvages » réalisée par notre intrépide photographe Julia. Dans l’atmosphère douce et lumineuse du Crock’n Roll, petit restaurant des pentes de la Croix-Rousse, nous avons pu savourer ses belles planches visuelles. D’une petite mamie amie des tortues à une jeune maman domestiquant les serpents, en passant par un spécialiste des papillons et un couple à l’iguane fétiche, Julia nous propose de découvrir avec elle les relations insolites et privilégiées que des passionnés de toute la France ont pu établir avec le monde sauvage. Julia raconte ses rencontres avec ces personnages qui défient la banalité. Elle insiste sur leur éthique irréprochable et leur mode de vie adapté à leurs compagnons insolites. « Lui, il est étudiant en biologie, et passionné par les araignées ! Il m’a expliqué qu’il laisse certaines d’entre elles tisser leurs toiles un peu partout dans sa chambre. Un matin, il en a retrouvé une dans son lit ! » Recueillir et prendre soin de ces créatures rares et pour la plupart victimes de commerces illégaux est un engagement et une responsabilité que les passionnés de Julia assument pleinement. « C’est un coût et des contraintes, mais cela les rend heureux. » Julia parle de cette série de photographies et de ses découvertes humaines et artistiques avec fierté « tout ce qui est exposé là est le fruit de cinq années de recherches, d’échanges et de rencontres ». Un travail qui lui a demandé une belle dose d’Audace, d’inventivité, et qui lui a beaucoup appris. Pour l’anecdote, afin d’obtenir une magnifique image des ailes couleur d’azur d’un papillon, elle a attendu qu’il sorte tout juste de son œuf. Encore un peu mou, il ne pouvait s’envoler d’un battement d’ailes… L’expo, en un mot : superbe !

    Son univers vous est ouvert jusqu’au 26 janvier 2018, au 1er rue Désirée, 69001, Lyon !

    La Team Caracole

  • LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE A L’AUDITORIUM

    Bienvenue à l’Auditorium. Nous entrons dans le brouhaha de la foule qui s’installe, qui se donne la bise, qui s’assoit. Trois énergumènes sépia nous sourient en battant des cils sur le grand écran qui nous fait face. Les lumières s’éteignent. Plus un mot. A l’entrée des musiciens, la salle tonitrue en applaudissements. Ils prennent place. Silence dans la salle. Un geste de leur meneur, et le monde s’emplit d’airs swing et jazzy. C’est parti. Film et musique sont lancés. En quelques minutes, nos oreilles ont déjà connu l’ascenseur émotionnel. Et c’est pas fini ! Les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet, prouesse du dessin animé, joue avec nos émotions comme un saxophoniste avec son saxo, comme un batteur avec ses baguettes, comme un chef avec son orchestre. Une vieille dame entraîne son petit-fils passionné de cyclisme depuis son enfance pour le Tour de France. Lorsque le grand jour vient, il est enlevé par la mafia qui le transforme en bête à pari dans la cité de Belleville. Notre grand-mère sans peur part à sa recherche, épaulée par leur chien Bruno et trois anciennes stars du music-hall loufoques : les triplettes de Belleville. Au long de leur aventure rocambolesque et drolatique, nous oscillions en rythme entre rire et peine, entre jovialité et cynisme. Nous sommes loin des contes enchantés. Alors que le malaise tutoie le burlesque à l’écran, nous nous laissons porter par la jovialité des musiciens et leur inventivité déchaînée. Le public est suspendu aux notes du suspens, jusqu’à la fin étourdissante du film et au bis endiablé qui met un point d’orgue à la soirée. A suivre, notre prochain rendez-vous avec l’Auditorium de Lyon… Surprise.

    La  Team Caracole

  • FÊTE DES LUMIÈRES

    Emportés par la foule qui nous traîne nous entraîne… Nous foulons les rues de Lyon pour la Fête des Lumières opus 2017 !

    Aux premiers pas, nos yeux encore novices trébuchent sur les fils en croix des araignées blanches et luisantes qui ont fait de la colline rousse leur cirque. Elles valsent dans les arbres, et nous sortons nos parapluies, de crainte qu’elles ne descendent nous enlever. Nous abritons nos têtes étourdies sous un kiosque sonore techno-disco et reprenons les commandes.

    Nous avançons. Arrive alors la petite Enoha, qui saute à pieds joints dans les chefs d’oeuvre du cinéma et nous éclabousse de son enthousiasme ; nous chantonnons sur des airs de West Side Story avant d’atterrir sur la Lune, nous tentons de saisir l’anneau unique entre deux chorégraphies au sabre laser, pour finalement nous élancer vers de nouvelles découvertes sur notre balai magique. En vol, nous côtoyons deux immenses chouettes diaphanes, qui ondulent au-dessus de l’eau… Envoûtés par leur danse légère de l’aube et du crépuscule, nos corps atterrissent et nos pensées s’élèvent. Nous restons, nez en l’air, esprit dans l’éther, oublions tout, rêvons clair.

    Enfin, tranquilles, nous tournons le dos à ce spectacle reposant pour plonger dans la prairie fleurie de la belle-cour. Devenus insectes et radars de merveilles, nous promenons nos antennes dans ce pays enchanté, tantôt orange, azur ou rose, vert ou vermeille. Cachés derrière les bouquets de tiges lumineuses, nous échappons aux fantômes de pack-man qui errent alentours, et nous filons vers les quais de la Saône, guidés par les phares de Fourvière. Son aura chromatique changeante vibre sous le ciel de son royaume. Amante de Saint-Jean, elle nous embrase nous embrasse dans leur parade de paons.

    Une tonalité carillonnante toute proche met fin à ce bal séducteur. Nos pas nous mènent devant le dôme translucide où s’abrite l’horloge qui rythme notre nuit de conte de fées. Ses aiguilles étincelantes pointent vers la céleste place sa voisine. Nous suivons docilement son conseil, et peu à peu nos oreilles s’emplissent des chants de ceux qui peuplent les spires du ciel. Glissés devant la façade de leur demeure, nous demeurons éblouis par les couleurs chatoyantes qui y confondent architecture et peinture, ombre et lumière, plat et replat.

    Comme pour nous extirper de ces mirages, une pluie fine tombe sur nos visages, comme un rideau qui s’abaisse. Nous nous ébrouons et fendons les eaux humaines pour nous en retourner à la réalité, encore tout ébaubis, ébahis, éblouis du spectacle féérique des Lumières de la ville.

    La Team Caracole

  • PORTRAIT DE LA CROIX-ROUSSE, EN COLLABORATION AVEC DEALER DE COOK

    Qui suis-je ? Je suis l’antique village, je suis l’amphithéâtre de la Capitale des Gaules, je suis le Sanctuaire de Lugdunum. Toutes les voies mènent à mon Gros Caillou. Emprunte donc les ficelles de mon squelette, parcours le maillage de mes rues — comme de fins rubans de soie, elles s’entremêlent, incongrues — et balade-toi le long de ma vertébrale Grande Côte. Va, arpente mes pentes ! Qui suis-je ? Je suis bourgeoise, je suis bohème. Traboulons ensemble ! Vorace promeneur, à chaque jour une fenêtre sur la cour de mes délices. Redécouvre en moi les saveurs que tu as toujours connues, sur la place de mon marché tu es le bienvenu ! Viens y fredonner le chant de ceux qui ont la canne nue, approche donc et goûte aux mets soyeux d’une ville qui ne connait pas d’avenue. Flâne là où l’on tissait, sois en paix là où l’on se révoltait, mais dans ton potager ne reste pas planté ! Il faut cultiver son jardin… Moi-même j’œuvre, je vaque, je mue. Jacquard fut mon art — on l’a mis au placard — mais Guignol est toujours mon obole. Je suis la colline qui travaille. Ainsi, tu crois me connaître, moi la Croix-Rousse ? Mais aux feux de mes fantaisies, jamais de fin ! Et si toi-même dans le réseau des fantasques, tu parcours la pierre de mes souterrains, tu trouveras peut- être quelques « arêtes de poisson » … Qui a dit que mes restaurants sont végétariens ?

    Emma