• LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE A L’AUDITORIUM

    Bienvenue à l’Auditorium. Nous entrons dans le brouhaha de la foule qui s’installe, qui se donne la bise, qui s’assoit. Trois énergumènes sépia nous sourient en battant des cils sur le grand écran qui nous fait face. Les lumières s’éteignent. Plus un mot. A l’entrée des musiciens, la salle tonitrue en applaudissements. Ils prennent place. Silence dans la salle. Un geste de leur meneur, et le monde s’emplit d’airs swing et jazzy. C’est parti. Film et musique sont lancés. En quelques minutes, nos oreilles ont déjà connu l’ascenseur émotionnel. Et c’est pas fini ! Les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet, prouesse du dessin animé, joue avec nos émotions comme un saxophoniste avec son saxo, comme un batteur avec ses baguettes, comme un chef avec son orchestre. Une vieille dame entraîne son petit-fils passionné de cyclisme depuis son enfance pour le Tour de France. Lorsque le grand jour vient, il est enlevé par la mafia qui le transforme en bête à pari dans la cité de Belleville. Notre grand-mère sans peur part à sa recherche, épaulée par leur chien Bruno et trois anciennes stars du music-hall loufoques : les triplettes de Belleville. Au long de leur aventure rocambolesque et drolatique, nous oscillions en rythme entre rire et peine, entre jovialité et cynisme. Nous sommes loin des contes enchantés. Alors que le malaise tutoie le burlesque à l’écran, nous nous laissons porter par la jovialité des musiciens et leur inventivité déchaînée. Le public est suspendu aux notes du suspens, jusqu’à la fin étourdissante du film et au bis endiablé qui met un point d’orgue à la soirée. A suivre, notre prochain rendez-vous avec l’Auditorium de Lyon… Surprise.

    Emma

  • FÊTE DES LUMIÈRES

    Emportés par la foule qui nous traîne nous entraîne… Nous foulons les rues de Lyon pour la Fête des Lumières opus 2017 !

    Aux premiers pas, nos yeux encore novices trébuchent sur les fils en croix des araignées blanches et luisantes qui ont fait de la colline rousse leur cirque. Elles valsent dans les arbres, et nous sortons nos parapluies, de crainte qu’elles ne descendent nous enlever. Nous abritons nos têtes étourdies sous un kiosque sonore techno-disco et reprenons les commandes.

    Nous avançons. Arrive alors la petite Enoha, qui saute à pieds joints dans les chefs d’oeuvre du cinéma et nous éclabousse de son enthousiasme ; nous chantonnons sur des airs de West Side Story avant d’atterrir sur la Lune, nous tentons de saisir l’anneau unique entre deux chorégraphies au sabre laser, pour finalement nous élancer vers de nouvelles découvertes sur notre balai magique. En vol, nous côtoyons deux immenses chouettes diaphanes, qui ondulent au-dessus de l’eau… Envoûtés par leur danse légère de l’aube et du crépuscule, nos corps atterrissent et nos pensées s’élèvent. Nous restons, nez en l’air, esprit dans l’éther, oublions tout, rêvons clair.

    Enfin, tranquilles, nous tournons le dos à ce spectacle reposant pour plonger dans la prairie fleurie de la belle-cour. Devenus insectes et radars de merveilles, nous promenons nos antennes dans ce pays enchanté, tantôt orange, azur ou rose, vert ou vermeille. Cachés derrière les bouquets de tiges lumineuses, nous échappons aux fantômes de pack-man qui errent alentours, et nous filons vers les quais de la Saône, guidés par les phares de Fourvière. Son aura chromatique changeante vibre sous le ciel de son royaume. Amante de Saint-Jean, elle nous embrase nous embrasse dans leur parade de paons.

    Une tonalité carillonnante toute proche met fin à ce bal séducteur. Nos pas nous mènent devant le dôme translucide où s’abrite l’horloge qui rythme notre nuit de conte de fées. Ses aiguilles étincelantes pointent vers la céleste place sa voisine. Nous suivons docilement son conseil, et peu à peu nos oreilles s’emplissent des chants de ceux qui peuplent les spires du ciel. Glissés devant la façade de leur demeure, nous demeurons éblouis par les couleurs chatoyantes qui y confondent architecture et peinture, ombre et lumière, plat et replat.

    Comme pour nous extirper de ces mirages, une pluie fine tombe sur nos visages, comme un rideau qui s’abaisse. Nous nous ébrouons et fendons les eaux humaines pour nous en retourner à la réalité, encore tout ébaubis, ébahis, éblouis du spectacle féérique des Lumières de la ville.

    L’équipe Caracole

  • PORTRAIT DE LA CROIX-ROUSSE, EN COLLABORATION AVEC DEALER DE COOK

    Qui suis-je ? Je suis l’antique village, je suis l’amphithéâtre de la Capitale des Gaules, je suis le Sanctuaire de Lugdunum. Toutes les voies mènent à mon Gros Caillou. Emprunte donc les ficelles de mon squelette, parcours le maillage de mes rues — comme de fins rubans de soie, elles s’entremêlent, incongrues — et balade-toi le long de ma vertébrale Grande Côte. Va, arpente mes pentes ! Qui suis-je ? Je suis bourgeoise, je suis bohème. Traboulons ensemble ! Vorace promeneur, à chaque jour une fenêtre sur la cour de mes délices. Redécouvre en moi les saveurs que tu as toujours connues, sur la place de mon marché tu es le bienvenu ! Viens y fredonner le chant de ceux qui ont la canne nue, approche donc et goûte aux mets soyeux d’une ville qui ne connait pas d’avenue. Flâne là où l’on tissait, sois en paix là où l’on se révoltait, mais dans ton potager ne reste pas planté ! Il faut cultiver son jardin… Moi-même j’œuvre, je vaque, je mue. Jacquard fut mon art — on l’a mis au placard — mais Guignol est toujours mon obole. Je suis la colline qui travaille. Ainsi, tu crois me connaître, moi la Croix-Rousse ? Mais aux feux de mes fantaisies, jamais de fin ! Et si toi-même dans le réseau des fantasques, tu parcours la pierre de mes souterrains, tu trouveras peut- être quelques « arêtes de poisson » … Qui a dit que mes restaurants sont végétariens ?

    Emma