J’ai poussé la porte de Trafalgar…

Alors que je trousse ce balbutiement, que je trace ce remerciement, me revient un souvenir, une écume. Ah ! Lors, j’ai poussé la porte de Trafalgar. Là, l’air hagard, portée par ma plume, j’hume… ce parfum de folie, d’optimisme, d’Audace. Portrait d’une gare où jamais l’on ne s’égare, pour deux Audacieuses (et pas que de surface !)

Il naviguait en pèr’ peinard
Sur la grand-mare des canards

Rencontrer Marion et Bérengère, c’est sauter dans un train pour l’inconnu et s’apercevoir qu’il nous conduit exactement où l’on voulait aller. J’ai toqué timidement à la fenêtre de leur wagon, elles m’ont ouvert en grand les portes de leur maison. « J’en ai pour une seconde, vas-y assieds-toi, tu veux du café, de l’eau …? Sûre ? » Le jour de notre rencontre, Marion s’est assise à côté de ma petite personne perdue et m’a raconté Trafalgar, Magazine des Audacieux. Elle me jaugeait avec amusement, je l’ai bien vu dans son regard. Tu le connais, n’est-ce pas, ami lecteur ? C’est ce regard qui rit, qui t’accueille et te passe au radar, pétillant, vif, attentif, si curieux de connaître ton histoire. « Alors, tu veux toujours te joindre à notre team ? » m’a-t-elle demandé une fois son briefing achevé. Oh que oui. Sur ces entre-faits, Bérengère a fait son entrée, soudaine et sereine. Un café plus tard, rien de cérémonieux, j’étais au Mag Trafalgar, et elles s’en étaient retournées à leurs sabliers. Tout était au mieux.

Après moult coups de Trafalgar, après quelque un an et cinq mois de confiance inaltérée, de rencontres de tous les horizons, Marion et Bérengère ont choisi d’offrir leur fils virtuel à leur plume toute rougissante « nous ne sommes pas du genre à nous désintéresser de ceux qui veulent sortir de leur coquille ! ». Pionnières dans un marché qu’elles se créent et conquièrent, elles souhaitent consacrer tout leur temps à leur nouvelle Maison, une demeure où le portrait écrit est roi.

Au moindre coup de Trafalgar
C’est l’amitié qui prenait l’quar
t

Dans ce portrait qui m’est si cher, lecteur, je ne veux pas t’entretenir d’un projet, d’un concept, d’une structure enfin d’un vague abstrait. Je veux te parler de deux personnes dont les actes, les mots, les rêves se font écho, résonnent. Nous avons rendez-vous avec le vrai, l’Audace à deux faces. Tu entres sans transition et sans écart dans la Maison Trafalgar. N’abandonne pas ton aplomb au hasard du paillasson ! En toutes lettres sur le perron, est gravé ce nom qui sonne comme un coup de canon… Dedans, bien au chaud dans ce petit monde intime du portrait, t’attend la prose qui ose de Marion et le sourire qui a à faire de Bérengère. Elles s’illustrent dans un décor aussi coloré que leur binôme bigarré, tout en nuances et en finesse. La franchise du jaune, la subtilité du turquoise, l’honnêteté du bois, telles sont les teintes que distille aujourd’hui leur univers. « Vous avez l’aplomb, nous avons la plume », proclament-elles à leurs invités.

En vers et contre tout, Marion persévère dans l’interview. Elle écoute se délier des langues audacieuses dans leur petit salon, puis, de retour dans les longues spires de son imaginaire, nez contre l’écran et poing en avant, de sa plume souple, sensible et joyeuse, elle déploie leurs anecdotes en portraits. Bérengère, pendant ce temps… Eh bien, Bérengère est pour moi un merveilleux mystère. Elle oeuvre sans cesse, sans que jamais son ouvrage ne paraisse. C’est du moins ce que le non-averti peut croire, car c’est d’elle que part tout ce que les yeux pourront voir. Elle tresse les fils invisibles des coulisses, ceux qui aiguillent la réussite, brodent de dates les agendas, nouent les rencontres. Elle fait mijoter les succès assaisonnés et peaufinés par son associée sous son oeil consciencieux ; des cuisines de la Maison elle est, en bref, le chef à toutes les casquettes.

C’est elle qui leur montrait le nord
Leur montrait le nord.

Marion et Bérengère offrent leur confiance comme elles recueillent les belles histoires. Marion, main tendue et coeur sur la main, n’abandonne jamais, ni ses idéaux, ni ses amis. Spontanée, vive, le pas affairé mais l’esprit ivre de nouvelles perspectives, elle se laisse toujours guider par son flair sans faille et son cheval de bataille : l’Audace. « Emma, quoi que tu fasses de ton projet, mets-y toutes tes tripes et toute ton âme, même si certains s’imagineront parfois que tu t’es perdue. » Marion est une petite flamme qui danse avec les mots et qui brûle avec les êtres, généreuse et sincère. Dans son enthousiasme sans cesse renouvelé, elle puise des conseils qui ne seront pas oubliés… « C’est l’âme et la manière dont tu portes un projet à chaque réunion, chaque soirée, à chaque entretien qui compte. »

Bérengère possède tout l’art de la tête froide qui garde des glissades. Quand tout se dérobe, que la chute à terre est imminente, pas de panique ! Les épaules de Bérengère, solides et bienveillantes, ont appuyé plus d’un catastrophé. « On dit que je suis solutionneuse, je préfère toujours me pencher sur les solutions que sur les problèmes. » Elle bouillonne et tourbillonne ici et là, mais avec cette élégance et clarté de propos qui séduisent sans artifices. Philosophe, elle s’arme de patience dans les terrains minés : « notre métier, c’est de permettre aux autres de s’unifier. Cela nécessite une vraie prise de recul, et une vision globale des besoins de ceux qui nous font confiance ».

Et quand ils étaient en détresse
Qu’leurs bras lançaient des S.O.S

Bérengère et Marion ferment le Livre des Audacieux pour en écrire un nouveau, je l’espère encore plus beau. Le trait n’est pas tiré sur le passé, et parce que Trafalgar Maison de Portraits vient de fêter ses deux ans, il est plus que jamais tracé vers l’avenir. Vers une nouvelle voie, celle du choix, et puis de la foi, aussi. En une écriture d’action, en un apprentissage qui se rénove à foison. En des récits de vie qui ouvrent les yeux, donnent du goût, en l’exploration des uns et des autres, en leur épanouissement surtout. C’est un grand pas pour nos deux amoureuses de Lyon et de ses habitants aux mille passions. Mais malgré quelques larmes de nostalgie, elles sont décidées à ne pas jouer les Orphée avec leurs souvenirs, et à travailler de plus belle pour devenir la référence du portrait écrit. L’heure est à la réinvention ! Femmes d’affaires, femmes de lettres, femmes du monde, rien ne les arrêtera dans leur course aux défis.

On aurait dit les sémaphores
Les copains d’abord.

Le Trafalgar vogue plus fringant et solide que jamais sur les flots de l’entreprenariat. Vers l’infini et audace jusque là ! Accompagnées d’un second duo de portraitistes téméraires, Marion et Bérengère continuent avec ardeur à larguer leurs amarres littéraires. L’ennui n’a qu’à bien se tenir, elles le traqueront de leur vision qui voit loin, leur longue-vue, et s’en feront les corsaires. Alors longue vie à la Maison de Portrait, et merci pour tout.

                                                Bérengère,

                                                                             Marion,

                                                                                                                        A vous, à nous.